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L’église

L’église

L’église d’Aubigné est pour la première fois attestée en 1088. Avec le château, il s’agit du monument le plus ancien du village encore visible. Cependant, sa construction s’échelonne sur plusieurs siècles. La nef romane date du XIe siècle, le chœur et le clocher remontent au XIIe siècle tandis que le transept est ajouté au XIIIe siècle. Il reçoit à cette époque des voûtes de style gothique angevin caractérisées par un profil bombé rappelant des coupoles.

Au XIIIe siècle, les murs du chœur et du transept sont aussi décorés de peintures murales historiées à la détrempe dont une partie a été révélée en 2008. Plusieurs scènes ont été mises au jour. L’une d’elles figure trois personnages dont un roi dans ce qui semble être une scène de banquet. En 1895-96, l’architecte Martin monte dans la nef des voûtes en briques et dissimule ainsi la voûte en bois lambrissée médiévale.

En 2008, lors du réaménagement de la place du village, une vingtaine d’inhumations ont été mises au jour près de l’église. Elles remontaient au Xe et XIe siècles et constituaient les derniers vestiges du cimetière médiéval détruit à l’époque moderne. Les sépultures étaient enfouies à 40 cm sous le sol. La majorité des défunts, femmes, hommes, enfants et adultes étaient inhumés dans des coffrages en bois. Ils n’étaient accompagnés d’aucun mobilier, phénomène souvent observé sur d’autres sites funéraires angevins ruraux.

Fig.1 : L'église d'Aubigné-sur-Layon

Fig.2 : Vue nocturne de l'église d'Aubigné

Fig.5 : Les peintures murales de Pauolo Baronni

Fig.6 : Voûte ouvrant sur le ciel

L’église d’Aubigné est aussi remarquable pour les peintures murales du XVIIIe siècle qu’elle abrite dans le transept et le chœur. Il s’agit d’un décor en trompe-l’œil peint à la détrempe sur un apprêt de sable et de chaux.

L’artiste n’a pas signé son œuvre mais elle a pu être attribuée, par comparaison avec les restes d’un autre décor située dans l’église de Cheffes-sur-Sarthe à Pauolo Baronni, artiste italien né à Plaisance dont la présence est attestée à Angers entre 1750 et 1771. Il a décoré plusieurs églises dans la région et jouissait d’une certaine renommée. Cependant, les peintures d’Aubigné sont exceptionnelles car elles sont à ce jour les seules encore visibles dans leur intégralité. Il vint probablement à Aubigné  à la demande du curé Clément-Balthazar Mesnard entre 1757 et 1771.

Pauolo Baronni a multiplié sur les murs du chœur et les voûtes des bras du transept, les effets illusionnistes. Les murs paraissent couverts de marbres veinés roses et bruns, des fausses portes encadrent les retables des transepts, les voûtes gothiques ouvrent sur le ciel et une file de colonnes semble prolonger le mur du chœur. Par des moyens picturaux, l’artiste agrandit l’espace de l’édifice et invite le fidèle à transcender le monde matériel et à se rapprocher du divin. Comme le rappelle Véronique Orain, les thèmes iconographiques employés montrent la volonté du clergé local de répondre aux prescriptions fixées par le concile de Trente en 1563. En effet, aucune image inhabituelle, insolite ne vient égarer le fidèle.

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